AVC : reconnaître les signes avec V.I.T.E. et savoir réagir

Photo d'une femme se tenant le côté gauche de la tête, servant de message de prévention pour connaître les signes d'un AVC - Centre de santé du Marais-Médéor
29 oct

Un accident vasculaire cérébral se manifeste par des signes brutaux qu'un proche peut repérer en quelques secondes. Les reconnaître et appeler le 15 sans attendre, c'est permettre une prise en charge la plus rapide possible.

Un visage qui se déforme, un bras qui ne répond plus, des mots qui ne viennent pas : ces signes apparus brusquement doivent faire appeler immédiatement le 15 (ou le 112). Pour les retenir, l'Assurance Maladie propose la règle V.I.T.E. Voici comment l'utiliser, quels autres signes doivent alerter et ce qu'il faut faire en attendant les secours.

Qu'est-ce qu'un AVC ?

Un AVC survient lorsque la circulation du sang est interrompue dans une partie du cerveau. Selon Santé publique France, environ 80 % des AVC sont dits ischémiques (une artère du cerveau est bouchée) et environ 20 % sont hémorragiques (un vaisseau se rompt). Privées de sang, les cellules cérébrales sont rapidement lésées, d'où l'urgence.

L'AVC est fréquent : l'Inserm estime à plus de 140 000 le nombre de nouveaux cas chaque année en France, soit environ un toutes les quatre minutes. L'âge moyen est de 74 ans, mais un quart des patients ont moins de 65 ans. C'est aussi la première cause de handicap moteur non traumatique selon Santé publique France.

La règle V.I.T.E. pour reconnaître un AVC

  • V comme visage paralysé : la bouche tombe d'un côté, le sourire est asymétrique, le visage est engourdi.
  • I comme impossible de bouger un membre : un bras ou une jambe devient faible, engourdi ou ne répond plus.
  • T comme trouble de la parole : difficulté à parler, à trouver ses mots, à répéter une phrase simple ou à comprendre ce que l'on dit.
  • E comme éviter le pire : appeler immédiatement le 15, ou le 112.
     

D'autres signes qui doivent alerter

L'Assurance Maladie cite aussi, lorsqu'ils surviennent brutalement : une perte d'équilibre ou une démarche instable, un mal de tête intense et inhabituel, un trouble de la vue même temporaire (perte de la vision d'un œil, vision double).

Ces signes ne permettent pas, à eux seuls, d'affirmer qu'il s'agit d'un AVC : d'autres causes existent, et seul un médecin peut poser le diagnostic, le plus souvent grâce à une imagerie cérébrale. Mais face à eux, on ne cherche pas à trancher soi-même : on appelle.

Que faire en attendant les secours ?

L'appel au 15 est gratuit, depuis un fixe ou un portable, même bloqué ou sans crédit. Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent joindre le 114 par SMS, tchat ou visio. Pendant l'appel, parlez calmement, donnez l'adresse exacte, décrivez les signes et l'heure à laquelle ils ont commencé, et ne raccrochez pas avant que le médecin régulateur vous le demande.

En attendant l'arrivée des secours, l'Assurance Maladie recommande de :

  • ☑ noter l'heure du début des symptômes, une information précieuse pour l'équipe médicale ;
  • ☑ allonger la personne, la tête légèrement surélevée par un oreiller si possible ;
  • ☑ rassembler ses ordonnances et ses derniers résultats d'analyses ;
  • ☑ ne lui donner ni à boire, ni à manger, ni aucun médicament, même son traitement habituel.

Et si les signes disparaissent ?

Il arrive que les symptômes régressent en quelques minutes. On parle alors d'accident ischémique transitoire (AIT). Ce n'est pas une fausse alerte : l'Assurance Maladie souligne que le risque de faire un AVC dans les 24 heures qui suivent est élevé, et l'Inserm évoque un risque d'environ 5 % dans les 48 heures. Un AIT se prend en charge avec la même urgence qu'un AVC : on appelle le 15.

Peut-on réduire son risque d'AVC ?

Certains facteurs ne se modifient pas, comme l'âge. D'autres peuvent être repérés et pris en charge avec son médecin. L'Inserm et Santé publique France citent notamment :

  • ✓ l'hypertension artérielle, principal facteur de risque modifiable ;
  • ✓ le cholestérol, le diabète, l'obésité et l'apnée du sommeil ;
  • ✓ le tabac, la consommation excessive d'alcool et la sédentarité ;
  • ✓ certains troubles du rythme cardiaque, comme la fibrillation atriale, que le médecin peut rechercher notamment à l'aide d'un électrocardiogramme.


Le suivi régulier avec son médecin traitant (tension artérielle, bilan sanguin selon les situations) permet de repérer ces facteurs et de les prendre en charge.

Questions fréquentes

Existe-t-il des signes d'AVC plusieurs semaines avant ?

Les sources officielles consultées ne décrivent pas de « signes avant-coureurs » fiables des semaines à l'avance. En revanche, un AIT, dont les signes disparaissent en quelques minutes, peut précéder un AVC : il impose d'appeler le 15.

Un AVC peut-il toucher une personne jeune ?

Oui. Selon l'Inserm, environ un quart des AVC concernent des personnes de moins de 65 ans, et environ 10 % des moins de 45 ans.

Faut-il emmener soi-même la personne aux urgences ?

Il est recommandé d'appeler le 15, qui oriente la personne vers l'établissement le plus adapté, souvent une unité spécialisée dans la prise en charge des AVC. La France compte plus de 135 unités neurovasculaires selon Santé publique France.

Peut-on récupérer après un AVC ?

La récupération varie beaucoup d'une personne à l'autre. Une prise en charge rapide et une rééducation adaptée y contribuent ; l'équipe médicale est la mieux placée pour en parler au cas par cas.

À retenir

Visage paralysé, impossible de bouger un membre, trouble de la parole : devant ces signes brutaux, même passagers, appelez le 15 sans attendre. Notez l'heure, ne donnez rien à boire, à manger ni médicament, et laissez les secours prendre le relais. Entre deux urgences, le meilleur allié reste le suivi de ses facteurs de risque avec son médecin.